• Après le brexit

    et quelques autres actualités

     

    Brexit : la chute de la livre, chance ou damnation de l'économie britannique ?

    Par Romaric Godin – La Tribune 14/10/2016

    La monnaie britannique a encore reculé cette semaine. Cette chute réveille le risque de "stagflation", mais elle annonce aussi un rééquilibrage inévitable de l'économie du Royaume-Uni.

     

    Les leçons de la réélection de J. Corbyn

    par Jacques Sapir · 25 septembre 2016

    « La réélection triomphale de Jeremy Corbyn à la tête du parti travailliste samedi 24 septembre est une nouvelle importante. Elle montre ce qu’est une véritable démocratie, à mille lieux des « primaires » qui sont organisées en France, tant à droite qu’à « gauche ». Mais, cette réélection met Jeremy Corbyn au pied du mur. Il devra impérativement clarifier sa position sur le « Brexit » sous peine de se voir laminer tant par un parti conservateur qui semble rompre avec l’héritage thatcheriste que par l’UKIP, le parti souverainiste, qui a prouvé à de nombreuses reprises qu’il est en mesure de contester aux travaillistes leur base populaire et ouvrière.

    La réélection de Jeremy Corbyn a marqué la défaite irréfutable de la tendance « blairiste » au sein du parti travailliste. Corbyn a rassemblé sur son nom 61,8% des suffrages, soit 313 209 voix contre 193 229 voix à son adversaire, M. Owen Smith. Le nombre de participants, plus de 500 000, est en lui-même significatif. Il montre que 77% des adhérents ont voté, un taux de participation qui ferait les choux gras de n’importe quel dirigeant aujourd’hui. Cela montre que Corbyn a été réélu par 45,6% du corps électoral du parti travailliste, ce qui confère à cette élection une très grande légitimité. Owen Smith, son adversaire, avait pourtant le soutien de la majorité des parlementaires et des élus du parti, et il était parfaitement représentatif de ce que l’on a appelé le « neo-Labour » dont Tony Blair fut l’apôtre. C’est ce courant qui semble en voie de liquidation par le vote qui a renouvelé à Jeremy Corbyn la confiance de son parti… »

     

    Aller plus loin dans l’analyse historique de l’évolution du parti travailliste ces six dernières années

    Jeremy Corbyn, ou comment repenser la social-démocratie

     

    Fête de l’Humanité 2016 :  Discours de Jean-Luc Mélenchon

    Formidable Mélenchon à la fête de l’huma, « … nous n’opposons pas le peuple à l’élite, nous opposons le peuple à l’oligarchie… Ils ont leurs politiciens, leurs journalises, c’est ça la caste… le peuple est unifié par des aspirations communes, des intérêts communs… si nous l’emportons, ça va être sa fête (à l’oligarchie) … comme disait Robespierre, je suis le peuple, et je ne veux rien être d’autre que le peuple… ils n’entendent pas l’oiseau chanter, qui présente un danger… notre tâche politique est de reconstruire le peuple… et toi le pauvre tu n’irais pas voter !... le droit social n’est pas une charité, c’est un droit qui vous rétablit dans votre dignité sociale… ta dignité est dans la lutte… le monde de demain est dans les mains de ceux qui n’ont rien »

     

    Le dilemme de la lutte contre le néo-libéralisme

    par Jacques Sapir · 27 septembre 2016

    « L’évolution des forces politiques en Grande-Bretagne depuis le Brexit est symptomatique des problèmes rencontrés dans les pays de l’Union européenne. Le Brexit a induit un changement important dans l’orientation du parti conservateur. Le tournant opéré par Theresa May, mettant fin à près de trente ans de thatchérisme, est significatif de la prise en compte des désastres engendrés par l’idéologie néo-libérale. Le parti travailliste, qui vient de réélire à sa tête, et avec une forte majorité, Jeremy Corbyn, est aujourd’hui confronté à un problème équivalent. Abandonnant l’idéologie dite du « néo-Labour » qui s’était incarnée dans Tony Blair, il doit repenser complètement son discours et ses orientations. L’opposition de fractions importantes de la direction de ces deux partis au Brexit, la défaite de ces fractions lors du référendum du 23 juin dernier, signale l’éclatement du consensus européiste et néo-libéral qui régnait au Royaume-Uni. Or, on constate aujourd’hui les prémices d’un pareil mouvement dans nombre de pays de l’Union européenne, qu’il s’agisse de la France et de l’Italie, qu’il s’agisse des Pays-Bas ou de l’Autriche. Il faut en tirer les leçons tant stratégiquement, en définissant ce que pourrait être une stratégie politique rompant avec l’idéologie néo-libérale, que tactiquement en regardant sur quel arc de forces politiques pourra se gagner la rupture initiale qui est nécessaire au déploiement ultérieur de stratégies alternatives… »

     

    Hollande « homme d’État de l’année », l’assassin Kissinger, la chèvre, le soldat russe et la montre suisse. Pour rire caca-d’oie.

    Jacques Sapir · 21 septembre 2016

     

    Sondages: les souverainistes majoritaires?

    par Jacques Sapir · 18 septembre 2016

    « Jean-Luc Mélenchon, qui entend faire de l’élection présidentielle un « référendum » sur les traités européens, est désormais crédité d’entre 13% et 15% des intentions de vote. On peut penser qu’il n’est pas au bout de son potentiel. Nicolas Dupont-Aignan obtient désormais entre 6% et 8% (voire plus), et lui aussi semble avoir un important potentiel de votes. Quant à Marine le Pen, elle est créditée de 26% à 31% de ces intentions de vote. Cela fait de 45% à 54% du total de ces intentions. »

    « Cela signifie qu’une majorité des français a intégré le basculement dans le contexte politique qui s’était produit à l’été 2015, lors de l’affrontement entre la Grèce et les autorités européennes. Ce basculement a certainement été accéléré par les conséquences des attentats de novembre 2015 et de juillet 2016, les flux de réfugiés, tout comme l’on peut penser que la mobilisation contre la « loi travail », dite aussi « loi El-Khomri », a décillé les yeux de certains et a fait prendre conscience de l’effet destructeur des institutions européennes. Nous sommes entrés, depuis l’été 2015 dans un « moment souverainiste » et ce moment politique, qui se traduit par la domination de la question de la souveraineté et de la Nation sur l’ensemble des autres, se poursuivra certainement jusqu’à l’élection présidentielle. »

     

    Après le vote Brexit, des clés pour décoder les manœuvres qu'utilisent les politiciens, tant pour maintenir-infléchir le cap actuel de la « construction » européenne que pour les enjeux de pouvoir au sein des pays de l’Union

     

    Grèce : la logique des créanciers, jusqu'au bout de l'absurde

    Par Romaric Godin, La Tribune, 20/07/2016

    Dans l'indifférence, la Grèce, qui dégage de forts excédents primaires, vient de rembourser une dette due à la BCE. Alors que l'économie est au plus mal, la logique des créanciers continue d'étrangler le pays.

     

    Portugal 1 - France 0

    Par Olivier Delorme, lundi 11 juillet 2016

    L’historien fait de l’humour, limite peut-être, très noir assurément, mais bien senti.

     

    Repêcher... l'Union Européenne

    Panagiotis Grigoriou, 10 juillet 2016

    L’historien-anthropologue relaie inlassablement le ressenti des Grecs. Nikos Roussounélos, retraité de 83 ans, qui vient de constater le résultat des dernières « réformes », la réduction de la retraite du couple de 1400 à 1000€ par mois, s’adresse ainsi au président de la République hellénique :  “Ce que je vous demande, avec tout le respect dû à votre personne comme à votre fonction, c’est de recommander aux dirigeants politiques de cesser d’apparaître à travers les medias avec ce sourire devenu permanent, ils devraient du moins faire preuve d’un peu de respect devant les Grecs lesquels sont en train de souffrir tant en ce moment!”

    A propos de l’appel du 30 juin, des vingt intellectuels eurocritiques pour un nouveau traité, que j’ai relayé ci-dessous, Panagiotis cite son ami Olivier Delorme, et je suis bien d’accord avec lui : “Un appel bien ‘sympathique’ et qui ne sert strictement à rien, parce qu'il ignore le fait fondateur, fondamental, incontournable qui est que ce qu'on appelle l'Europe a été conçue dès Monnet pour servir exactement à quoi elle sert. (...) Les rapports de force construits depuis le traité de Rome par l'oligarchie n'en ont rien à secouer des peuples quand ils s'expriment... pourquoi tiendraient-ils compte des sympathiques propositions de 20 intellectuels ? On ne réforme, on ne réoriente, on ne refonde pas un carcan ; un carcan, on le brise ou on y crève”.

     

    Un exemple concret de l’instrumentalisation des institutions européennes :

    Comment le malfaisant redoutable extrémiste ordo-libéral Wolfgang Schauble

    • - - assure son avenir politique en Allemagne,
    • - - tout en contrant la politique de la BCE de lutte contre la déflation,
    • - - tout en déstabilisant le gouvernement portugais (seul gouvernement qui mette en œuvre une politique un peu de gauche sur le continent), en lui réimposant l’austérité qui va replonger le pays dans une récession dont il se relève à peine,
    • - - tout en rendant l’Espagne encore plus ingouvernable qu’elle ne l’est déjà,
    • - - tout en menaçant des mêmes sévices la France, l’Italie et la Belgique,
    • - - au risque de renforcer le mouvement eurosceptique dans ces pays
    • - - et de déclencher une nouvelle crise de la dette au Portugal et en Espagne,
    • - - tout en enterrant les bribes de leçons du Brexit, dans un sens de plus de solidarité, et prouvant ainsi l'incapacité de réforme de l'UE,
    • - - et le tout avec la complicité de la commission, via le commissaire aux affaires économiques Pierre Moscovici.

    Lire ci-dessous l’analyse de Romaric Godin.

    Pourquoi la fermeté de Bruxelles contre l'Espagne et le Portugal est une erreur majeure

    Par Romaric Godin, La Tribune, 07/07/2016

     

    Oubliez le Brexit, le vrai risque pour l'UE pourrait venir d'Italie...

    Par Romaric Godin, la Tribune, 05/07/2016

    Le Brexit pourrait n'être qu'un amuse-gueule, car l'Italie, troisième économie de la zone euro, est un gros morceau avec sa dette de 2.300 milliards d'euros.

    Or, en octobre les Italiens seront appelés aux urnes pour se prononcer par référendum sur la réforme constitutionnelle proposée par Matteo Renzi.

    Et Matteo Renzi a annoncé qu’en cas de non (en tête dans les sondages avec 54% des intentions), il y aura de nouvelles élections législatives qui seront à très haut risque. Les derniers sondages révèlent que la formation eurosceptique du Mouvement 5 Etoiles (M5S), créée par Beppe Grillo, est en tête avec plus de 30 %, au coude à coude avec le Parti démocratique (PD) de Matteo Renzi.

    En cas de victoire aux législatives, le M5S risque de secouer l'Union européenne, notamment avec sa promesse de référendum sur le maintien du pays dans l'euro (58% des italiens défavorables).

     

    L’histoire des référenda depuis le traité de Maastricht est édifiante :
    sur 8 qui ont abouti à un rejet, seuls 2 ont été respectés.

    http://ekladata.com/Uj6naThKr3lYoK3uihEDBlKNkO4.jpg

    Lire l’analyse de Jacques Sapir.

     

    La gauche, le Brexit et la souveraineté

    par Jacques Sapir · 4 juillet 2016

    Extraits:

    « La dépersonnalisation du pouvoir est une nécessité de son plein exercice. Mais, dans le même temps, les hommes ont toujours eu besoin d’identifier le détenteur du pouvoir. D’où cette contradiction qui fait qu’une excessive personnalisation tout comme une dépersonnalisation absolue rendent impossible le plein exercice du pouvoir. 

    Il faut donc réconcilier ces deux pôles ce qui conduit à la solution où le pouvoir d’un (ou d’une) ne devient possible que par la délégation par tous de cette faculté à exercer le pouvoir et dans cette délégation nous avons la légitimité. Mais, le fait que « tous », et que ce tous ne concerne que quelques dizaines ou des millions d’individus implique que ce tous est souverain, détient la souveraineté. »

    « Si nous étions une communauté d’individus entièrement homogènes, la souveraineté ne serait pas nécessaire car nous penserions spontanément les mêmes solutions aux problèmes que nous rencontrons. Dès lors, l’action de chaque individu serait la même que l’action collective, et le conflit aurait disparu. La nécessité de trouver une solution, ne serait-ce que provisoire, au conflit n’existerait plus. Il n’y aurait donc plus ni institution ni formes de médiation. Dans cet univers on peut effectivement se défaire du concept de souveraineté. »

    [François Guizot, sur la civilisation européenne], « affirme, c’est non seulement la nécessité de la lutte comme principe d’engendrement des institutions, mais aussi un lien circulaire, ou plus précisément en spirale, où l’on repasse régulièrement au même point mais pas à la même hauteur, entre une institution de souveraineté, la commune bourgeoise par exemple, et le principe de la lutte des classes. En d’autres termes, il n’est de possibilité d’expression de ses intérêts que par la conquête d’espaces de souveraineté. Mais, celle-ci implique alors l’action collective. C’est pourquoi les différentes formes d’organisations, ligues, associations, syndicats, sont non seulement légitimes mais encore absolument nécessaires au fonctionnement d’une société hétérogène. »

     

    Brexit : vingt intellectuels eurocritiques lancent un appel pour un nouveau traité

    lefigaro.fr le 30/06/2016

    Les signataires appellent à la tenue d’une conférence des 27 qui aurait pour objet la renégociation des traités sur les trois questions cruciales dont la méconnaissance a conduit à l'affaissement de l'actuelle construction européenne: la souveraineté, c'est-à-dire la démocratie, la prospérité et l'indépendance stratégique.

    Liste des signataires: Marie-Françoise Bechtel, Guillaume Bigot, Jean-Pierre Chevènement, Gabriel Colletis, Éric Conan, Franck Dedieu, Alain Dejammet, Éric Delbecque, Jean-Pierre Gérard, Christophe Guilluy, Loïc Hennekinne, Paul Jorion, Jean-Michel Naulot, Michel Onfray, Natacha Polony, Jean-Michel Quatrepoint, Emmanuel Lévy, Benjamin Masse-Stamberger, Claude Revel, Henri Sterdyniak, Jacques Sapir, Paul Thibaud.

    Olivier Delorme, et je suis bien d’accord avec lui : “Un appel bien ‘sympathique’ et qui ne sert strictement à rien, parce qu'il ignore le fait fondateur, fondamental, incontournable qui est que ce qu'on appelle l'Europe a été conçue dès Monnet pour servir exactement à quoi elle sert. (...) Les rapports de force construits depuis le traité de Rome par l'oligarchie n'en ont rien à secouer des peuples quand ils s'expriment... pourquoi tiendraient-ils compte des sympathiques propositions de 20 intellectuels ? On ne réforme, on ne réoriente, on ne refonde pas un carcan ; un carcan, on le brise ou on y crève”.

     

    La fin de l’européisme

    par Jacques Sapir · 30 juin 2016

    Une analyse très intéressante, dont voici quelques extraits et la conclusion :

    « … comprendre la démarche dite de « fédéralisme furtif » qui a été adoptée à partir du traité de Maastricht et qui s’incarne dans l’Euro.

    Cette stratégie se fonde sur un rejet des Nations, que ce rejet soit lié à une méfiance ou qu’il soit lié à une véritable haine des dites Nations.

    C’est pourquoi ont communié dans cette démarche à la fois

    • des libéraux conservateurs, qui considèrent que la Nation moderne implique la Démocratie et qui restent fidèles à cette méfiance profonde envers le peuple de la pensée conservatrice,
    • des anciens « gauchistes » (et Cohn-Bendit en est l’un des exemples) qui haïssent en la Nation cette accumulation de médiations ancrées dans l’Histoire qu’ils perçoivent comme un obstacle à leur vision millénariste et apocalyptique d’une « fin » de l’Histoire[2],
    • des sociaux-démocrates qui cherchent à transposer vers un niveau étatique supérieur ce que la mollesse de leurs politiques les empêchent de réussir dans le cadre national.

    Ces différents rejets de la nation s’articulent eux-mêmes de manières spécifiques compte tenu de la culture politique de chaque pays. »

    [Pour les dirigeants français, de gauche comme de droite] « L’idée implicite était de réaliser par la ruse ce que l’Empire napoléonien n’avait pu par la force. Cette idée se fondait sur les illusions de l’universalisme français qui confond des valeurs avec des principes. »

    « … la notion de solidarité qui est essentielle dans une fédération. Or, si cette solidarité n’est pas réalisée, comment convaincre les peuples de se fondre démocratiquement dans un grand ensemble ?

    Le « fédéralisme » est donc condamné soit à ne pas être soit à n’exister que sous la forme du fédéralisme mesquin soit un droit de regard asymétrique de l’Allemagne sur la politique des autres pays. C’est le constat que tire Joseph Stiglitz dans son dernier livre, dont une traduction française sortira cet été. Soit nous mettons fin à l’Euro, soit nous avançons vers un fédéralisme inclusif dont ni les Allemands ni les Néerlandais ne veulent, soit l’Euro sera la mort de l’UE mais aussi et c’est bien plus grave de l’idée de coopération en Europe. »

    « La rupture avec l’idéologie européiste est donc un acte de salubrité public. Non qu’il soit en lui-même suffisant. Rejeter cette idéologie, tourner le dos au fédéralisme furtif, reconnaître le cadre de la Nation comme étant celui au sein duquel vit et se nourrit la démocratie, ne produira pas immédiatement de solution. Mais, cela rendra possible la recherche d’une solution, tant au niveau de la France qu’à celui de l’Europe. C’est donc une condition certes non suffisante mais absolument nécessaire. Cette solution, on l’a déjà évoquée avec cette idée de Communautés des Nations Européennes. Elle devra être certainement précisée et peut-être amendée, mais du moins est-ce dans cette direction qu’il nous faut aller. »

     

    Brexit : le statu quo, seule stratégie européenne ?

    Par Romaric Godin, La Tribune, 30/06/2016

    « … comme après la crise grecque de 2010 ou celle de 2016 ou encore après le double échec du projet de constitution pour l'Europe en 2005, tout le monde s'est levé pour affirmer que rien ne sera plus comme avant, que l'Europe allait changer, être plus proche des citoyens et plus efficace. Et de fait… »

    « …  il suffit de jeter un œil sur la presse allemande pour se convaincre que le président français risque de rapidement se retrouver face à un mur avec ces idées qui, rappelons-le, étaient déjà à l'ordre du jour après l'élection de 2012 et la crise grecque de 2015. »

    « En quelques jours, l'UE a confirmé quelques-unes des accusations qui alimentent régulièrement le discours eurosceptique : éloignée du terrain, craignant le débat démocratique, obsédée par l'austérité et les grands équilibres, incapable de pragmatisme, faible avec les multinationales fortes, et forte avec les Etats faibles. »

     

    Europe : l'après-Brexit se joue aussi à Berlin

    Par Romaric Godin, la Tribune, 27/06/2016

     

    Le temps de la dislocation

    Cédric Durand, Contretemps, 25 juin 2016

    Quelques extraits :

    « L’Union Européenne est l’incarnation archétypique du projet de l’extrême centre. Presque à l’arrêt dans les années 1970, l’intégration continentale ne progresse alors plus que par lente sédimentation des décisions de la Cour de justice de l’Union européenne. Sa relance dans les années 1980, qui conduit à la réalisation du marché unique puis à l’union économique et monétaire, coïncide avec l’affirmation de l’idéologie néolibérale et de l’hégémonie de la finance. »

    « Espace de compromis entre partenaires gouvernementaux « responsables », l’UE est le terrain d’une grande coalition permanente dont est exclue toute immixtion des peuples. »

    « Après les référendums néerlandais et français de 2005, irlandais de 2008 et grec de 2015, le vote en faveur du Brexit confirme que le matraquage européiste est inopérant. S’aligner avec lui est mortifère pour la gauche ; c’est laisser le champ libre à l’extrême droite. »

    « L’Union Européenne n’est pas un champ de bataille, la gauche et les mouvements sociaux ne disposant d’aucune position significative à cette échelle. C’est l’hostilité à l’UE qui est aujourd’hui le terrain d’affrontement central, le lieu où la gauche doit défaire les courants xénophobes et autoritaires en articulant un projet de classe internationaliste. »

    Ce dernier paragraphe renvoie à l’intervention de Cédric Durand lors de l’événement Plan B à Madrid les 19-21 février 2016. Voir le compte-rendu ici : «L’Union européenne n’est pas un champ de bataille. C’est une prison»

     

    Dans

    François Hollande et le Brexit

    par Jacques Sapir · 25 juin 2016

    Jacques Sapir décrypte la déclaration de François Hollande du 24 juin , consécutive à l‘annonce des résultats du vote au Royaume Uni en faveur de la sortie de l’Union européenne.

     

    Pour ceux qui lisent suffisamment l’anglais, une étude sérieuse et fouillée sur l’Euroscepticisme dans les différents pays de l’Union, selon les questions abordes, les classes d’âges, et les obédiences idéologiques des personnes interrogées :

    Euroskepticism Beyond Brexit

    Significant opposition in key European countries to an ever closer EU

    By Bruce Stokes, June 7, 2016

     

    EU favorability varies widely in Europe

    Le Brexit : une défaite de l'UE telle qu'elle est

    Romaric Godin, la Tribune, 24/06/2016

    Les Britanniques ont le courage de dire NON à cette Europe-là, malgré la peur de l’inconnu, malgré les menaces d'agravation des conditions économiques et sociales, malgré les « mises en garde délirantes de plusieurs experts sur les conséquences du Brexit pour les abeilles, la fonte des glaces ou la capacité des groupes anglais de donner des concerts à l'étranger ».

    Les Britanniques rappellent que, « qu'on le veuille ou non, qu'on le déplore ou non, la source de la légitimité démocratique réside encore dans le cadre étatique ».

    Les Britanniques démontrent « que le discours de la gauche britannique du Remain to change (rester pour changer) … [et du] Remain to preserve (rester pour préserver les droits des travailleurs) » n’est plus convaincant, au vu des « traitement infligé par les autorités européennes aux pays en crise ».

    Et quels Britanniques ont le plus pesé dans ce NON ? Principalement les milieux populaires des banlieues industrielles, qui votent traditionnellement pour le Labour (lire la géographie du vote). Comment Corbyn les prendra-t-il en compte?


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