• Du 25 octobre au 26 novembre :

    Un peu d’espoir au Portugal, régionales 2015 et FN, l’après 13 novembre, la Gèce du memorendum III, et autour

     

    Un peu d’espoir au Portugal

    Un gouvernement portugais qui s’appuie sur une union des partis de gauche
    Romaric Godin -
    La Tribune 25/11/2015
    « La volonté de « mater » Alexis Tsipras n'a pas conduit au Portugal à un effondrement de la gauche radicale qui a gagné près de six points lors des élections du 4 octobre et n'a pas conduit davantage à une « diabolisation » de ces partis puisque le PS portugais, généralement fort modéré, a, pour la première fois, accepté de discuter une alliance sur sa gauche. De ce point de vue, l'alliance au Portugal est le premier échec de la stratégie européenne qui visait à faire « sortir » du choix démocratique les politiques d'austérité. La violence de ces politiques depuis 2011 au Portugal a eu un effet fédérateur pour des partis qui, a priori, n'étaient pas fait pour s'entendre. Évidemment, l'expérience portugaise sera un nouveau test pour la possibilité de changer de politique économique au sein de la zone euro. » 

     

    Au Portugal, la droite perdante au législatives, et désormais minoritaire, se maintient au pouvoir, malgré un bloc de gauche majoritaire prêt à gouverner
    Le président de la République refuse de prendre en compte la proposition de trois partis de gauche présentant un accord de gouvernement majoritaire (122 sièges sur 230 et 51% des voix) et reconduit l’ancien premier ministre du gouvernement de droite sortant, qui a perdu les élections.

    Romaric Godin, dans la Tribune du 23 octobre analyse les enjeux, tente d’expliquer la stratégie de la droite, et de prévoir la riposte de la gauche.
    Jacques Sapir, le 25 octobre, dénonce un coup d’Etat silencieux, un nouveau coup de force austéritaire contre un suffrage populaire. Il décrit l’échec du plan de réforme infligées par les financeurs européens, et ses méfaits sur l’économie du pays. Puis lance à nouveau un appel à la coordination des forces souverainistes qui n’implique nullement que ce qui oppose ces forces soit négligeable, ni ne soit mis entre parenthèse.

    Régionales 2015 et intentions de vote FN

    Intentions de vote FN : peuple abusé ou désabusé ?

    Les populations « peu cultivées » sont-elles abusées (par les thèmes de l’extrême-droite) ou plutôt légitimement désabusées (de la démocratie) ?  

    L’alternative consisterait soit à changer de politique parce qu'elle est mauvaise pour le peuple, soit à dissoudre le peuple parce qu'il vote mal et en élire un autre comme le proposait Brecht (mais même Brecht, le FN l'a intégré).

    Pour moi, cela me conforte à ne plus voter « front républicain ». Les animaux politiques qui nous gouvernent ont du mal a y retrouver leurs petits.

    Ecoutez, si vous ne l’avez pas fait, le « téléphone sonne » du mercredi 25 novembre sur France Inter.

     

    François Hollande, qui aurait toujours eu une pensée de droite à propos du social, l’appliquerait aujourd’hui avec mépris ?
    C’est à mon avis vrai, en l écoutant lors de son ouverture de la conférence sociale de lundi dernier.
    C’est Mélenchon qui nous invite à penser cela, il m’a convaincu ici
    Je suis d’accord également avec lui sur les tractations en prélude des régionales : « ce sont les électeurs qui sont responsables ».

    Qui a intérêt qu’on ait peur du Front national ? Les prières de rue, en général, sont-elles une question de circulation ou de laïcité ?

    Puis, à propos de la Libye, qui est l’ennemi essentiel ? avec qui négocier ? Et les Russes là-dedans ? Faut-il soutenir la Turquie qui fait la guerre aux Kurdes qui font la guerre à Daesh ?

    Et en final, comment se mettre d’accord sur la meilleure manière de laisser crever les réfugiés?

     

    L’après 13 novembre

    PENSER LES MEURTRES DE MASSE
    Conférence du philosophe Alain Badiou, le 23 novembre, au théâtre de la Commune d’Aubervilliers
    Une réflexion qui allie profondeur et accessibilité sans concession sur ce qui ébranle les classes moyennes occidentales à partir de l’événement du 13 octobre et de son traitement par les états et les cadres politiques et médiatiques, et qui appelle à changer le monde en faisant sortir de l’ombre - et la changer en force - cette contradiction :
    1 : le couple guerrier des Etats dominants et des Bandits fascisants, qui ont un intérêt commun à diffuser dans le monde entier une subjectivité de guerre.
    2 : les porteurs, par leur alliance à construire, du communisme qui vient : prolétariat international et nomade, intellectuels libres, jeunesse à la recherche d’une vie qui soit grande et vraie.
    La version audio est téléchargeable ici : http://audiobank.tryphon.eu/casts/odc8vbbl.mp3
     

    Le défi de l’Italie au pacte de stabilité : sur 2 milliards d’Euros pour la sécurité, la moitié pour des mesures de prévention – l’accès des jeunes à la culture et la réhabilitation des quartiers difficiles
    Romaric Godin –
    La Tribune 25/11/2015
    « … ce qui risque surtout de déplaire à Bruxelles, c'est que Matteo Renzi a considéré que la dépense culturelle entrait dans le cadre de ces mesures de sécurité. « Pour chaque euro dépensé dans la sécurité, il faut qu'un euro soit dépensé dans la culture », a indiqué le chef du gouvernement italien. Outre le chèque « culture » de 500 euros pour ceux qui auront 18 ans, Rome entend investir 500 millions d'euros dans la réhabilitation des quartiers difficiles. Une mesure de prévention forte. »

     

    Lettre à ma génération : moi je n'irai pas qu'en terrasse

    20 novembre 2015 |  Par sarah roubato – blog mediapart

    « … Depuis plusieurs jours, on m’explique que c’est la liberté, la mixité et la légèreté de cette jeunesse qui a été attaquée, et que pour résister, il faut tous aller se boire des bières en terrasse. C’est joli comme symbole, c’est même plutôt cool comme mode de résistance…

    … Si la seule réponse de la jeunesse française à ce qui deviendra une menace permanente est d’aller se boire des verres en terrasse et d'aller écouter des concerts, je ne suis pas sûre qu’on soit à la hauteur du symbole qu’on prétend être. L'attention que le monde nous porte en ce moment mériterait que l'on sorte de la jouissance de nos petits plaisirs personnels… »

     

    Non à la guerre!

    Denis Dupré, Enseignant chercheur en finance et éthique à l'Université de Grenoble - 18/11/2015

    « … Je veux que mon Président n'aille plus faire le porte à porte pour Dassault auprès de l'Arabie Saoudite qui finance le terrorisme.

    Je ne veux pas être fier que nos ventes d'armes explosent et représentent 40 000 emplois.

    … Je veux envoyer nos militaires stopper le trafic de drogue sur notre territoire : fleur de mort pour nos enfants et terreau du financement des terroristes.

    Je veux que la police contrôle nos frontières. Que l'accueil soit contrôlé, attentif aux détresses, généreux à la mesure de nos possibilités : pas de frontières ouvertes et pas de jungle.

    … Je ne veux pas que l'armée prétende apporter la démocratie en Afrique à l'heure où je ne trouve plus son mode d'emploi en France… »

     

    Qui sont les jihadistes français ?

    Farhad Khosrokhavar  16/11/2015 - revue Sciences Humaines

    Qui se radicalise, pourquoi et par quels processus ? En France apparaissent 
deux groupes aux ressorts distincts, l’un issu des banlieues et passé par la délinquance, l’autre venant des classes moyennes, le regard tourné vers la Syrie.

     

    … et l’analyse socio-politique de Jacques Sapir qui s’attache à ce constat : République ou guerre civile - La souveraineté et l’hétérogénéité

    « La souveraineté définit cette liberté de décider qui caractérise les communautés politiques que sont les peuples à travers le cadre de la Nation et de l’Etat. Mais, cette liberté n’est pas construite à partir des individus. Elle ne peut se construire que collectivement. Cet oubli de la dimension nécessairement sociale et collective de notre liberté caractérise d’ailleurs le point de vue « libéral » (au sens que les français donnent à ce terme). Il conduit en réalité à l’anomie. »

     

    Qui fabrique les armes, et qui les achète ?

    carte présentée à la conférence Planetary Security à La Haye (2-3 novembre 2015) par Philippe Rekacewicz

     armes

    Jacques Sapir, les 16 et  17 novembre : De l’état d’urgence à la notion de guerre - Le retour de la souveraineté

    Et Romaric Godin dans la Tribune du 16 novembre : L'Europe dispose-t-elle du cadre adéquat pour faire face au défi terroriste ?

     

    Avant les attentats du 13 novembre: Réflexions sur l'absence de politique étrangère française...

    par Olivier Delorme, le 4 novembre                                                                                 

    Olivier nous fait remarquer une citation de Hubert Védrine, parue dans « Les guerres du président » de David Revault d'Allonnes : « François Hollande n'a ni corps de doctrine, ni vision, ni système d'anticipation qui lui permet de détecter les alertes. Comme Monsieur Jourdain, il fait du néoconservatisme sans le savoir. », et conclut à une « une diplomatie à la godille, sans doctrine ni vision, nécessaire pour prouver qu'on existe encore alors qu'on a renoncé à exister. »

     

    La Gèce du memorendum III, et autour

    Zoe Konstantopoulou : « Le gouvernement grec a sacrifié la démocratie »

    Entretien inédit pour le site de Ballast

    Un éclairage de l'intérieur sur ces quelques mois qui ont chamboulé l'Europe et trahi les espoirs du peuple grec.

     

    Athènes a quelque peu sauvé les meubles dans la négociation en cours

    Le gouvernement grec a dû céder sur les deux points évoqués ci-dessous, face aux exigences des créancier, avec quelques aménagements qui représentent des succès relatifs face à son électorat.

    Il a obtenu la protection des plus pauvres : bénéficieront de la protection complète contre l'expulsion tant que leur bien est inférieur à 170.000 euros, les personnes affichant un revenu allant jusqu'à 8.180 euros par an pour un célibataire et 13.917 euros pour un couple, avec une prime de 3.391 euros par enfant.

    Athènes a obtenu le maintien du plan de remboursement en cent tranches des dettes envers l'Etat mis en place par le gouvernement Tsipras I en mars. Mais les débiteurs de l'Etat ne disposeront plus d'une tolérance de 30 jours pour acquitter leur tranche, mais de 15 jours. A partir de 2017, aucune tolérance ne sera acceptée.

    Lire l’article de Romaric Godin dans la Tribune du 17 novembre.

     

    Nouvel acharnement de l’Eurogroupe contre le peuple grec.

    Les créanciers veulent arriver en position de force dans le cadre des négociations sur la dette, où un Tsipras trop discipliné serait bien trop en position de force. Pour l’instant, Tsipras, soutenu (timidement) uniquement par la France au sein de l’Eurogroupe, s’est contenté « sagement » de mettre en œuvre les réformes strictement identifiées par le mémorandum. Mais le mémorandum prévoit également que le gouvernement grec doit accepter toute mesure jugée nécessaire (par le « quartet. »).

    Parmi ces mesures, celles qui seraient favorables à une recapitalisation des banques grecques moins coûteuse pour les Etats et contribuables de la zone euro.  A savoir l’abaissement significatif du seuil qui protège contre l’expulsion et la saisie les débiteurs immobiliers insolvables, et qui permettrait aux banques de récupérer une partie des prêts et réaliser leurs pertes, au prix de nombreuses situations sociales dramatiques, accroissement de pauvreté et déclassements.

    Le gouvernement d'Alexis Tsipras refuse, depuis deux semaines, de se soumettre à cette exigence qui est devenue une condition pour débloquer une tranche de 2 milliards d'euros du programme d’aide.

    Il refuse également d’augmenter le volume de saisies pour dettes envers l'Etat (72 milliards d'euros d’impôts...), au risque de compromettre l’amélioration en cours de ces remboursements, mais également d'aggraver les faillites et la situation conjoncturelle de l'économie grecque.

    On voit une fois de plus très clairement que les injonctions de l’Eurogroupe ont des objectifs qui dépassent le rôle de garant de la bonne gouvernance dont tentent parfois encore de se parer les institutions de L’Union. Le message doit être : aucun gouvernement ne doit pouvoir prétendre protéger le peuple qui l’a élu contre la présente phase de la contre-révolution sociale.

    Lire l’excellent article, à ce sujet de Romaric Godin dans la Tribune du 9/11

     

    La vie sans rien

    GreekCrisis – 11 novembre 2015

    “Nous avons perdu la bataille des salaires, celle du contrôle national sur les banques, de la protection de la résidence principale face aux saisies, des privatisations... mais du moins nous en sommes bien tristes et nous pleurons”.

    Demain 12 novembre, grève générale.

                                                                                                                                                                                  

    Réplique allemande du séisme grec : bras de fer entre Schauble et Merkel

    La Tribune - Romaric Godin |  10/11/2015

    Le ministre fédéral allemand des Finances a pris le contre-pied de la chancelière sur la question des réfugiés, provoquant une révolte au sein de la CDU.

    Cette lutte aurait été initiée avec l'affaire grecque où le ministre avait proposé l'expulsion de la zone euro de la Grèce, Angela Merkel s'y refusant. Le ministre a pu avoir eu l'impression d'avoir été « instrumentalisé » par Angela Merkel pour soutirer une capitulation en règle à Alexis Tsipras. Shauble a gagné dans la crise grecque une immense popularité en Allemagne et il a occupé le statut de « défenseur des intérêts allemands ».

    La chute de la CDU-CSU dans les sondages s'amplifient : la dernière enquête Insa ne donne plus que 34 % aux Conservateurs (contre 42 % avant septembre), tandis que l'extrême-droite AfD atteint 10 % pour la première fois depuis plus d'un an et que les Libéraux remontent à 6 %. Angela Merkel peut être considérée comme responsable par son positionnement.

     

    28 octobre, anniversaire du Non des Grecs à Mussolini en 1940
    par Olivier Delorme

    Extrait : « Un Non qui valut à la Grèce l'une des occupations les plus sauvages, destructrices et meurtrières d'Europe : une famine unique en Europe décime 250 000 à 350 000 Grecs durant l'hiver 1941-1942, le potentiel économique du pays est totalement détruit, ses infrastructures réduites à rien, la guerre et l'occupation tuent 8,5 % des Grecs ; 1,5 % des Français)... L'Italie et la Bulgarie payeront à la Grèce des dommages de guerre. L'Allemagne jamais, et elle continue à refuser d'indemniser même les survivants et descendants des innombrables et tragiques massacres perpétrés par ses troupes d'occupation, comme elle a protégé tous les responsables de crimes de guerre et contre l'humanité en Grèce. »

     

    Economie

    Yanis Varoufakis a publié en octobre deux ouvrages, « Un autre monde est possible » (Flammarion), où il s'adresse à sa fille pour expliquer les fondements de l'économie, et qui est truffé de piques piques aux technocrates de Bruxelles et aux banquiers de Francfort, et « Notre printemps d'Athènes » (es liens qui libèrent), intégralité du discours prononcé le 31 août 2015 lors de la fête de la rose de Frangy.

     

    Varoufakis : "Le plan Juncker est une plaisanterie"

    Propos recueillis par Franck Dedieu, L’Express, publié le 03/11/2015

    Sortir de l’Euro est impossible en évitant la catastrophe de la crise financière qu’occasionnerait la longue durée nécessaire à l’impression de billets, sauf à recourir à une monnaie totalement numérique.

    Le plan Juncker qui prétend favoriser l’investissement repose sur un raisonnement faux: pousser le secteur privé à investir grâce à une garantie de l'Etat, alors que le déficit de croissance ne va pas encourager les entrepreneurs. Plutôt, l'Etat devrait investir pour casser ce cercle vicieux, pour créer de la confiance, en profitant de taux d'intérêt très bas.

    Il annonce une grande crise à venir, les banques étant désormais de grandes puissances économiques qui, par effet domino, peuvent faire exploser tout le système en cas de banqueroute, les Etats et les banques état désormais liées, au mépris des règles démocratiques.

     

    Dans Libération, Par Fabien Perrier, A Athènes — 4 novembre 2015

    Varoufakis dit : « Hollande a commis une faute politique en n’empêchant pas un dérapage vers l’autoritarisme qui sera pourtant néfaste pour tous, y compris les Français et leurs intérêts économiques. Il devra en répondre jusqu’à la fin de ses jours. Que la France ait permis que la Grèce soit piétinée n’augure rien de bon pour la solidité et la légitimité de l’UE parmi les citoyens européens. … il a fait un vrai cadeau à Marine Le Pen. »

     

    Bernard Maris, économiste assassiné

    Jacques Sapir, le 1 novembre

    salue la mémoire de l’économiste qui était son ami, « enfant de la reconstruction ».

     


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