• Point du 24 août

      

     

    Hugo et ses copains ont quitté Fulmar deux jours avant la fin prévue pour la croisière, et ont rejoint leurs points d’embarquement pour le retour en prenant le temps. Nous étions bloqués depuis 5 jours à Nea Marmari, et les prévisions météo n’étaient pas optimistes.

    Ce tout petit port de la côte sud-est de l’île d’Eubée, dans le golfe de Petalion, face à l’Attique, abrite 5 voiliers de passage, 3 chalutiers et le ferry qui fait la navette entre l’île et le continent, pour les touristes athéniens et les gens de l’île. Trois supérettes, un quincailler, une boulangerie, deux poissonnier, un magasin électroménager et c’est tout. Pas le charme maisons blanches avec volets bleus, mais la Grèce, et des Grecs. Seuls non-grecs, nous et Mauro, un italien de Rome, avec qui nous avons lié amitié, et les matelots égyptiens d’un chalutier.

    Le meltem, vent du nord qui souffle tout juillet-août sur la mer Egée, déborde sur le golfe de Petalion, y rend la remontée vers le nord souvent impossible, avec du 7 ou 8, parfois 9 toute la journée, et de rares accalmies nocturnes où il descend à 5-6. Nous avions profité d’un tel répit pour arriver au matin, sous les rafales, depuis les cyclades du nord-ouest, où nous étions auparavant. Le lendemain, la météo annonçait du 5-6 pour la nuit : nous sommes partis à 20h, mais dehors le vent s’est renforcé 30, 40 nœuds, rafales à 50, et avons dû nous abriter dans un mouillage à 6 milles au nord, et dormir sous le sifflement. A 8 heures le lendemain, la météo annonçant du 9 pour la journée, retour vent arrière à Neo Marmaris, avec 1 m² de génois.

    Puis l’attente, les jours se succédant, petits travaux, plage, soirées bouzouki jusqu’à pas d’heure dans les tavernas du port.

    Le lendemain du départ de l’équipage, la météo annonce du 5-6 pour la journée, entre 12h et 3 heures du mat. Avec Mauro, on prépare fiévreusement chacun son bateau, et on y va, restant en contact par VHF. On a tout de même dû faire pendant deux heures du près dans un bon 7, avec des rafales à plus de 40 nœuds, mais on a pu passer le détroit fatidique à 15 heures, et entrer dans un golfe d’Evia du sud apaisé, avec du 4-5. A 19 heures, nous avons jeté l’ancre , et sommes repartis le lendemain matin, pour arriver à Chalkis, où un pont amovible laisse passer les bateaux la nuit pour entrer dans le golfe d’Evia du nord.

    Maintenant, et pour la semaine à venir, grand calme sur toute la zône. Des pêcheurs avaient dit à Mauro que si le jour de la pleine lune le temps s'arrange, la quinzaine qui suivra sera bonne. Cela semble être le cas.

    Mauro accueille la famille de sa sœur, faisant des ronds dans l’eau dans le secteur, et moi, je reste à Chalkis quelques jours pour de petits travaux, et la lessive, en attendant Liliane, Marie-Françoise et Robert, qui arriveront le 29.

    Pour les trois équipages qui se succéderont en septembre et octobre : je vous recommande d’emporter un gant de toilette. Les mouillages sont plus rares que ce dont nous avons l’habitude, et les ports plus fréquents, souvent gratuits, mais rarement avec de l’eau. Il faut compter qu’un soir sur deux nous serons dans un port, et la toilette devra alors se faire dans la toilette du bord. Pour ne pas gaspiller l’eau, ce sera alors gant de toilette pour se laver au lavabo, puis premier rinçage toujours au gant de toilette, comme autrefois, et tout de même une giclette d’eau propre avec la douche pour parfaire le rinçage.

    Troisième mois à la retraite, sur le bateau, second mois en Grèce, et toujours cette impression que c’est seulement en train de commencer, que j’en suis encore à la préparation… Un glissement dans une vie entièrement au jour le jour, une culture par les menus détails, et les amis qui se succèdent, chaque équipage son style et chaque croisière ses paysages. Douce Méditerranée si bien présentée par Braudel.