• Populismes

    "Des types tels que Trump ne peuvent se frayer un chemin que là où ils ne sont pas arrêtés par les tranchées de la société civile organisée, là où règnent la perte de socialisation et la solitude des dépossédés, là où l’on peut dresser l’avant-dernier contre le dernier." (Pablo Iglesias)

     

    Pablo Iglesias : Trump et le moment populiste

    en espagnol le 9 novembre 2016 dans « Publico »

    Traduit par ReSPUBLICA, le 10 novembre

    Extraits:

    « Les populistes sont des outsiders et peuvent être de droite, de gauche, ultralibéraux ou protectionnistes. Est-ce que cela signifie que les « extrêmes » se toucheraient ou qu’ils se ressembleraient ? En aucun cas. Répéter ce mantra n’enlève rien au ridicule de cet argument qu’utilise un extrémiste du centre pour s’auto-identifier comme étant le moyen terme vertueux, affirmant en un triple saut périlleux que les points les plus opposés seraient en fait les plus proches. Trump n’est pas proche de Sanders, il est proche des politiques migratoires de Bush et de l’Union européenne. Trump, multimillionnaire, est proche du monde bâti par les présidents qui l’ont précédé, y compris Obama, qui ont laissé au vent mauvais les classes populaires américaines. »

    « L’important, dans les moments politiques populistes, c’est qu’ils dépouillent la politique de ses atours parlementaires (et en passant mettent à la mode, même parmi les politologues mainstream, Carl Schmitt selon la lecture qu’en fait Chantal Mouffe). Trump c’est ça : la nudité obscène, face à la candidate de Wall Street.

    Comme tout aurait été différent si Trump avait eu en face quelqu’un qui, sans obscénité fasciste, parle au peuple en appelant les choses par leur nom ! Ce rival existe : c’est Bernie Sanders. Les populistes peuvent aussi être socialistes, car en vérité le populisme ne définit que les moments ; le moment des USA était celui de Trump et de Sanders, pas celui de la candidate de l’establishment. Y a-t-il eu moment plus populiste que celui au cours duquel, voici 99 ans, quelqu’un appela à réclamer du pain et la paix (*) ? »

     « La victoire de Trump nous laisse une leçon importante, qui a beaucoup à voir avec nos débats actuels au sein de Podemos. L’antidote aux Trump, aux Albiol et aux Le Pen, l’antidote au fascisme et à l’autoritarisme financier, c’est la politique qui interpelle et organise le peuple en assumant l’ennemi comme tel. C’est très risqué ; ça déchaîne la colère des puissants et de leurs appareils et c’est bien plus rugueux que la politique parlementaire. Ça présente de nombreuses difficultés, car cela implique de doter la société civile et les mouvements populaires d’instruments de pouvoir et d’auto-organisation. Des types tels que Trump ne peuvent se frayer un chemin que là où ils ne sont pas arrêtés par les tranchées de la société civile organisée, là où règnent la perte de socialisation et la solitude des dépossédés, là où l’on peut dresser l’avant-dernier contre le dernier. »

    * Le 23 février 1917, alors que 2 millions de soldats sont morts, les femmes russes observent une grève, réclamant du pain et la paix. Cette manifestation précède de quelques jours l'abdication du tsar et inaugure la révolution russe. Cette date correspond au 8 mars dans notre calendrier. Elle est commémorée par la Journée internationale de la femme.

     

     

    Mise au point concernant les faucons démocrates

    Suite à l’entrée « Guerre mondiale imminente ? » dans l’article « populismes » et à l’élection de Trump, j’ai constaté que plusieurs lecteurs du blog ont assimilé le discours terrifiant du chef d’état major US Mark Milley  à l’entourage qu’ils imaginent de Trump, comme si Clinton avait été un rempart contre un tel risque.

    Je me dois de les détromper, Milley fait partie des soutiens d’Hillary Clinton, ceux qu’on appelle les faucons démocrates neos cons, comme William Hix, général en chef de l'armée américaine, qui s’est exprimé dans les mêmes termes lors de la même réunion, promettant explicitement une 3e guerre mondiale. Ainsi que Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’Otan, qui a sévèrement tancé Trump avant-hier, pour sa volonté de se désengager de l’Otan, et qui n’a pas pu s’empêcher de rappeler aux européens qu’après le Brexit, trois des quatre bataillons de l’Otan déployés en Europe de l’est seront dirigés par des pays non-membres de l’UE.

    Il faut également rappeler que Hillary Clinton a reçu plus d’argent des compagnies d’armement et de services militaires que tout autre candidat pendant la campagne présidentielle 2016, comme le montrent des données d’Open Secrets.

    C’est peut-être pour échapper au pire que des américains ont refusé de voter pour Hillary Clinton, qui a appuyé des coups d’État en Ukraine et au Honduras, s’est réjouie de la torture et de l’exécution extra-judiciaire d’un chef d’État africain, a contribué à la destruction de la Libye et de la Syrie en appuyant des terroristes qui font reculer les droits des femmes, parle de guerre contre l’Iran et la Russie, et de guerre nucléaire pour régler des conflits. Trump est probablement dangereux pour les États-Unis, Hillary Clinton est certainement dangereuse pour le reste du monde.

    Sur la politique de guerre globale de la clique Obama-Clinton, entourés par leur appuis néo cons militaires et industriels de la guerre, une mine de points de vue divergents par rapport à ceux habituels d’une Amérique gardienne de l’ordre mondial, www.globalresearch.ca. Le site internet, du Centre de recherche sur la mondialisation (CRM) fondé par Michel Chossudovsky, économiste, collaborateur du Monde diplomatique, fut lancé en septembre 2001. Depuis, ses articles d’analyse se rapportent en particulier aux enjeux de « la guerre au terrorisme » lancée par les États-Unis ainsi que les guerres au Moyen-Orient.

    A propos de ce qui se joue aux Etats-Unis, avec cette élection, et plus particulièrement au sein du parti Démocrate, une intéressante conférence d’Emmanuel Todd : Crise de la société américaine, crise de la globalisation ?

     

    Poutine, au forum de Valdaï 

    Le forum de Valdaï s'est tenu du 24 au 27 octobre à Sotchi. Poutine, qui participait à la dernière table-ronde, a réaffirmé et justifié ses positions en matière de politique étrangère.

    Comme en écho au cri de guerre du 4 octobre du Général Mark Milley, chef d’état-major de l’Armée américaine (ci-dessous : Guerre mondiale imminente ?), Poutine y a déclaré :

    « Si les puissances qui aujourd’hui existent trouvent un principe ou une norme à leur avantage, ils forcent tout le monde à s’y conformer. Mais si demain ces mêmes normes se heurtent à leur manière de faire, ils sont prompts à les jeter dans la poubelle, à les déclarer obsolètes, et à fixer ou à essayer de fixer de nouvelles règles. Ainsi, nous avons vu les décisions de lancer des attaques aériennes dans le centre de l’Europe, contre Belgrade, puis contre l’Irak, puis contre la Libye. Les opérations en Afghanistan ont également commencé sans la décision correspondante du Conseil de sécurité des Nations Unies. Dans leur désir de changer l’équilibre stratégique en leur faveur, ces pays ont brisé le cadre juridique international qui interdisait le déploiement de nouveaux systèmes de défense antimissile. »

    Poutine y a fait également une critique en règle du mode de fonctionnement politique des pays occidentaux, une critique qui raisonne aujourd’hui, après l’élection de Donald Trump à la Présidence des Etats-Unis, de manière prémonitoire :

    « Oui, formellement, les pays modernes ont tous les attributs de la démocratie: Élections, liberté d’expression, accès à l’information, liberté d’expression. Mais même dans les démocraties les plus avancées, la majorité des citoyens n’ont aucune influence réelle sur le processus politique et aucune influence directe et réelle sur le pouvoir.

    Les gens sentent un écart toujours croissant entre leurs intérêts et la vision que l’élite développe de la seule trajectoire qu’elle considère comme correcte, une trajectoire que l’élite elle-même choisit. Il en résulte que les référendums et les élections créent de plus en plus de surprises pour les autorités. Les gens ne votent pas du tout comme les médias officiels et respectables leur ont conseillé, ni comme leur ont conseillé les principaux partis. Des mouvements publics qui, il y a peu de temps, étaient considérés comme trop à gauche ou trop à droite, occupent le devant de la scène poussent sur le côté les poids lourds politiques. Au début, ces résultats gênants ont hâtivement été déclarés des anomalies ou des résultats obtenus par la chance. Mais quand ils sont devenus plus fréquents, des gens ont commencé à dire que la société ne comprenait plus ceux qui étaient au sommet du pouvoir et n’avait pas encore suffisamment mûri pour pouvoir évaluer le travail des autorités pour le bien public. Ou bien ces mêmes personnes sombrent dans l’hystérie et déclarent le résultat d’une propagande étrangère, habituellement russe »

    >>> A lire le compte rendu de Pascal Boniface sur son blog Mediapart, du 31 octobre

    >>> Egalement l’analyse de Jacques Sapir sur son blog Russeurope, du 14 novembre

     

    Jean-Luc Mélenchon et Noël Mamère

    le 9 novembre à France Info

    Jean-Luc Mélenchon et Noël Mamère ont voulu dialoguer (victoire de Donald Trump, la planification écologique, la sortie du nucléaire…).

    Le 2 novembre, Noël Mamère déclarait dans le magazine Regards : « Celui qui est en mesure de porter un coup à gauche tout en étant un acteur majeur de la reconstruction demain, c’est Jean-Luc Mélenchon. »

    Noël Mamère : « Moi je suis venu, discuter avec Jean-Luc, non pas pour faire le buzz et pour dire à la sortie Noël Mamère il vote Jean-Luc Mélenchon. C’est pas ça le truc. Il se peut que je vote pour Jean-Luc Mélenchon. Il se peut qu’au-delà des interactions qui sont les nôtres, on arrive à un moment donné à se retrouver en fonction de l’état dans lequel se trouve l’écologie dans les mois qui viennent. Ne soyons pas pressés. Je ne pose pas des pierres pour aller vers Jean-Luc, je dis simplement que j’en ai marre de voir comment on le diabolise, dans mon milieu écologiste qui ne produit plus aucune idée depuis un certain nombre d’années, et quand on a la chance dans le paysage politique d’avoir quelqu’un comme lui qui est une candidature de combat. »

     

    Trump! Mais pourquoi?

    Victoire de Trump : un échec de la mondialisation financiarisée

    Par Romaric Godin  - La Tribune -  09/11/2016

    L’article conclut ainsi :

    « On peut se lamenter sans cesse de chaque « victoire du populisme ». Mais on peut aussi tenter de comprendre ces victoires et les logiques qui président aux choix d'électeurs qui sont souvent moins « irrationnels » qu'on veut bien le croire. La défaite des « élites » est aussi le signe que ces élites ne perçoivent pas les enjeux actuels. Continuer à présenter le libre-échangisme comme la solution miracle, défendre à tout prix la « destruction créatrice », refuser toute politique industrielle fondée sur un équilibre territorial, prôner des « réformes structurelles » qui accélèrent le phénomène de la baisse de la productivité, défendre un système financier qui est une des sources des maux de l'économie contemporaine : tout ceci ne peut conduire, au final, qu'à donner sa chance à des opportunistes qui, en plaçant le « bon » discours, parviennent à cristalliser à leur profit les mécontentements légitimes. La victoire de Donald Trump est un appel à en finir avec certains mythes. C'est un appel à revenir à des politiques plus proches des inquiétudes du monde. Si les politiques européens ne l'entendent pas, d'autres Brexit et d'autres Trump sont inévitables. »

     

    Insurrection électorale... une de plus

    Par Olivier Delorme, mercredi 9 novembre 2016

    « J'ai fait un cours hier sur les élections américaines et terminé en disant que :

    1/ L'électorat américain, comme le dit E. Todd depuis plusieurs mois, est en insurrection, comme en Europe, contre les nomenklaturas qui nous ont menés depuis les années 1980 là où nous en sommes.

    2/ Que Clinton est l'archétype de ces Nomenklaturas dont les électorats en insurrection ne veulent plus.

    3/ Que cette insurrection prend des formes "nationales" c'est-à-dire modelées par les cultures politiques propres à chaque nation, qu'aux Etats-Unis elle prend une forme qui nous est étrangère : celui d'un milliardaire fraudeur (aussi parce que frauder l'impôt est vu par une large partie de l'électorat comme une forme d'insurrection légitime contre un Etat illégitime) qui, parce qu'il est milliardaire, se prétend indépendant de la Nomenklatura honnie.

    4/ Qu'une partie probablement importante de l'électorat Sanders ne voterait en aucun cas Clinton, préférerait s'abstenir, voter pour la candidate écolo, voire pour Trump. Il y a désormais dans les électorats un vote de dérision, ou un vote contre la politique prétendument du "moindre mal" : on l'a vu en Grèce avec l'émergence de Leventis (Union des centristes) considéré par une génération comme un bouffon.

    5/ Que son programme, notamment sur les infrastructures, est moins caricatural que l'image qu'on en a donnée dans les médias européens et qu'il porte dans l'électorat des travailleurs pauvres et la classe moyenne en voie de paupérisation qu'ont créés les politiques conduites depuis 40 ans.

    6/ Que Trump ramenait, pour ces raisons, aux urnes des gens qui ne votaient plus, tandis que Clinton en éloignait d'autres qu'Obama avait ramenés aux mêmes urnes.

    7/ Que les sondages sous-estimaient le vote Trump parce que, comme en France pour le FN, les injonctions intello-médiatiques l'empêchent de se dire à hauteur de ce qu'il est. Et que ce qu'on présentait ici comme des gaffes étaient des messages à cet électorat destinés à montrer qu'il pensait comme lui et qu'il ne pensait pas comme la Nomenklatura.

    8/ Que les chiffres flatteurs de l'économie américaine sont bâtis sur du vent : le prétendu plein emploi n'est qu'un trompe l'oeil fait, comme en Espagne, de petits boulots qui ne permettent plus de vivre décemment et de bulle de crédit masquant l'absence de croissance réelle.

    9/ Que nous sommes à la fin du cycle de libre-échange, dont les électorats comprennent, après 40 ans, qu'il ne remplit aucune des promesses qui le justifiaient.

    Que tout est donc possible...

    ... Prochain épisode de l'insurrection des électorats... : le référendum italien. »

     

     

    Autre chose qu’un discours – un acteur politique, Mélenchon, face à Chantal Mouffe (*), explique sa stratégie : Comment se construit le peuple - le populisme nécessaire.

     « L'heure du peuple » - Conférence de Chantal Mouffe et Jean-Luc Mélenchon (2h20)

    25 octobre 2016 à la maison de l'Amérique latine.

    Les questions sensibles des conditions de la révolution aujourd’hui, parmi lesquelles celles de la reconstruction d’une frontière politique, du leader charismatique, du mouvement de masse et du « qu’en est-il du matérialisme historique  », je vous laisse découvrir les réponses à partir d’une 1h40 d’échanges.

    Ce qui s’est passé avant ?

    Un désaccord de taille entre Mélenchon et Mouffe :

    Mouffe : Dire des classes populaires qui ont perdu leur travail ou qui vont le perdre, et qui votent Le Pen parce qu’ils sont abandonnés par les partis socio-démocrates qui ne peuvent pas prendre en compte leurs problèmes, qu’ils sont des racistes, des attardés, qui ne comprennent pas la globalisation heureuse, que c’est le retour d fascisme, sans essayer de comprendre pourquoi ils sont attirés par le populisme de droite, sans leur proposer une formulation progressiste à leur demande, cela est criminel.

    Mélenchon : Il n’y a pas de malentendu dans le vote Front national. Il y a une racine qui nous intéresse : la volonté des gens de contrôler leur vie. Et une erreur sur les raisons pour lesquelles leur vie leur a échappé. Qu’en est-il du vote des ouvriers ? plus de 60% s’abstiennent de voter (escroquerie collective). Ce sont ceux qui avaient voté pour le Programme commun. Restent à voter les autres, pour le Front national. Notre enjeu est de remobiliser le peuple de gauche qui s’est mis en congé de lui-même.

    Mais ils sont d’accord pour dire :

    • La seule façon de lutter contre le populisme de droite, c’est de développer un populisme de gauche. Pour Podemos : politiser la douleur, organiser la rage et politiser le désir. Accepter le rôle fondamental que jouent les affects en politique. Ne pas laisser le champ des affects aux populistes de droite. La construction d’un « nous » passe par la mobilisation des passions, des affects communs, qui poussent les gens à se reconnaitre, à créer une identité collective.
    • Les populistes de droite proposent la souveraineté populaire, mais pas dans l’égalité. Les affects de gauche, sont l’esthétisation des valeurs de gauche : l’amour, la tendresse, la fraternité, le partage, l’attention aux plus faibles, la volonté acharnée d’égalité.
    • Le peuple blanc-catholique que se propose de construire le Pen n’est pas le peuple enfants-des-Lumières, pour lequel une reconstruction culturelle est nécessaire qui remédiera au démantèlement depuis vingt ans de l’adhésion du peuple français à la révolution de 1789 (le roi, la reine, leurs amis, contre les barbares sanguinaires), qui avait fondé le principe d’égalité en tant qu’identité collective des français.

    Et avant cela, en introduction :

    • Le populisme comme pathologie ou comme élément fondamental de la démocratie ?
    • Une démocratie sans peuple, est-ce possible ?
    • Liberté - égalité ? Notre démocratie s’articule entre une tradition démocratique (le principe de souveraineté du peuple et d’égalité), et d’autre part une tradition libérale (l’état de droit, la séparation des pouvoirs, la liberté individuelle).
    • L’idée de dissensus - conflit est au cœur de la démocratie. « Comment peut-on s’opposer sans se massacrer » (Marcel Mauss). Cette dimension agonistique disparait dans la post-démocratie, depuis 30 ans, avec l’idée du consensus, de la troisième voie (maintenant, nous sommes tous de la classe moyenne, on devrait pouvoir s’entendre – la gauche et la droite, c’est dépassé).
    • L’accord entre le centre-droit et le centre-gauche : il n’y a pas d’alternative à la globalisation néo-libérale. Dès lors, devant des programmes fondamentalement identiques, la souveraineté populaire ne peut plus s’exprimer. Souveraineté populaire et égalité, les valeurs de la démocratie, ont perdu leur sens.

    * Chantal Mouffe est professeur de théorie politique. Elle a accompagné le travail de Ernesto Laclau sur le populisme et l’hégémonie socialisme. Son travail est associé à la stratégie de Podemos. Elle est la spécialiste reconnue de Carl Schmitt (Penser la démocratie moderne avec, et contre, Carl Schmitt – Persée).

     

    Ce n’est pas un scoop, mais là c’est si clairement expliqué !

    L’Euro contre l’Europe

    par Jacques Sapir · Publication 4 novembre 2016

    L’Union européenne traverse aujourd’hui crise majeure. Il s’agit d’une crise économique mais aussi d’une crise d’identité. A l’origine de cette crise on trouve l’Euro. La monnaie unique se voulait le couronnement de la construction européenne. En réalité, elle cause son déclin. Elle corrode les fondations économiques et sociales des pays qui l’ont adopté, met à mal la démocratie, suscite, peu à peu, la montée de comportements tyranniques qui produisent, en réaction une vague dite « populiste » sans précédent et sans égal. La monnaie unique cause des dysfonctionnements de plus en plus importants dans les pays qui l’ont choisie. Seule l’Allemagne semble y échapper ; ce n’est pas un hasard. L’Euro a été conçu par et pour l’Allemagne. Permettant une sous-évaluation de la monnaie allemande, l’Euro entraine aussi une surévaluation des monnaies de pays comme la France, l’Italie[1] et l’Espagne[2]. Cela se traduit par l’énorme excédent commercial structurel de l’Allemagne au détriment de ses voisins, un excédent commercial qui porte en lui la fin de l’Union européenne.

    https://f.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/981/files/2016/11/A-01-Allemagne-Exced-Com.jpg 

    Sans l’Euro, cet excédent aurait produit une réévaluation de la valeur de la monnaie allemande, tout comme il aurait conduit à la dépréciation de la valeur des autres monnaies par rapport à la monnaie allemande. Or, ceci est impossible du fait de l’Euro. L’Allemagne avait ainsi une balance commerciale déficitaire de -1,4% du PIB en 1999 ; elle se retrouve avec un excédent de plus de 8% en 2015. Surtout, cet excédent ne cesse de s’accroître depuis l’introduction de l’Euro.

    Lire la suite

     

     

    Guerre mondiale imminente ?

    Le mois dernier, à Washington, Général Mark Milley, chef d’état-major de l’Armée américaine, à un mois des élections :

    « … arrogance, bravades ?... le conflit entre les Etats nations est pratiquement certain à plus ou moins long terme… ». Les ennemis déclarés sont la Russie et la Chine, la Corée du nord et l’Iran « La guerre future de haute intensité entre des Etats nation de grande puissance… sera très hautement mortelle... dans des zones urbanisées, et contre un ennemi insaisissable, obscur, qui combine la guérilla terroriste avec des actions conventionnelles, au sein de larges populations civiles… Les 25 prochaines années ne ressemblent à rien que nos forces actuelles aient jamais connu en intensité et en mortalité… ».

    C’est Tierry, de Troll, qui nous y rend attentifs.

    La vidéo sous-titrée, ainsi que le texte intégral en français du discours.

    Le cri de guerre - plagia, qui conclue ce terrifiant discours : « a hard rain’s a-gonna fall », renvoie cyniquement à cette autre chanson de Dylan: Masters of war.

    Tenons-nous prêts  à soutenir nos enfants qui résisteront; et  à pleurer ceux qui iront et ne reviendront pas. ("... Oh, where have you been, my blue-eyed son, my darling young one?")

     ... et, en attendant, apprenons à compter nos propres os.

     

     

    Melenchon face à des "les jeunes"

    (lisez quelques uns des 1600  commentaires, ça vaut vraiment le coup.

     

     

     

    « Si vous avez envie que ce soit un peu drôle »

    Discours de Jean-Luc Mélenchon à la convention de la France insoumise à Lille le 16 octobre 2016

    Les 15 et 16 octobre se déroulait à Lille la première convention de la France insoumise. Un événement hors normes qui a vu se rassembler un millier de personnes. Les deux tiers d'entre elles étaient tirés au sort à parité parmi les 130 000 insoumis. Après 11h d'interventions interactives retransmises en direct sur internet, cette Convention a décidé de transmettre au peuple français, le programme « L'avenir en commun ».


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