• Grèce solidarités et vigilances

      Que signifie de découvrir un pays comme la Grèce quand solidarités et vigilances s'imposent ?

    Hier soir, aux Cemea d’Alsace, dans le cadre des « Jeudi éduc », 12 personnes se sont réunies pour échanger autour de la perception que nous avons ici de la crise en Grèce, de comment les Grecs la vivent, et de comment cela nous interpelle.

    Les Ceméa étant un mouvement d’éducation, les interrogations ont souvent porté sur les nouvelles solidarités qui pourraient se constituer face au démantèlement des structures sociales, et sur les moyens d’éducation citoyenne, qui pourraient permettre à terme aux jeunes de prendre en main l’avenir de leur pays. Eleni a témoigné que les Grecs étaient absorbés par la débrouille individuelle, que le repli sur soi et sur la famille devenait la règle, qu’il n’existait pas d’espace collectif d’éducation autre que l’école, et que la population n’accordait plus sa confiance aux mouvements politiques.

    Politiquement, l’échiquier entier (le parti de gauche Syrisa inclus) se mobilise désormais pour que la Grèce puisse rester dans l’Europe et dans l’Euro, avec l’objectif d’une sortie de la tête de l’eau dans une dizaine d’année. Plus à gauche, l’audience est désormais quasi inexistante. Le système médiatique est mobilisé pour décrédibiliser l’extrême droite aux yeux de la population. Le vote aux européennes en mai permettra d’y voir plus clair.

    Georges nous a dit que la principale aide que nous pouvons apporter aux Grecs est d’accroitre notre vigilance et notre lucidité sur ce qui se passe partout en Europe, en Grèce, dans les autres pays du sud de l’Europe, mais également chez nous, encore relativement protégés.

    Les artistes semblent encore échapper à la soumission généralisée, mais quelle est son audience ? Ici et là-bas, cela est peut-être un levier. Irène nous a invité à venir voir le spectacle Late night au théâtre du Maillon les 15 et 16 avril et qui traite de la crise en Grèce. Georges, et Benjamin, qui a vu ce spectacle à Montreuil en décembre, se sont joints à cette recommandation.

    J’ai invité les participants à me rejoindre sur le bateau pour aller voir de près cette année et les suivantes. Et je rendrai compte sur le blog de l’évolution du regard des voyageurs à bord de Fulmar.

    En pdf, le petit texte d’introduction que nous avions envoyé aux invités, contenant des liens permettant d’éclairer la question.

    A l’issue de cette rencontre, je me sens raffermi et moins isolé dans la prise en compte des alertes qu’ont procurées chez moi la lecture du livre La Grèce fantôme de Panagiotis Grigoriou et de son blog Greekcrisis.

    En rédigeant ce petit compte rendu, ce matin, je suis tombé sur un autre blog qui rend compte du blog Greekcrisis : http://cafeglobulot.wordpress.com/2013/11/09/greekcrisis-fr/.

    Les interrogations que ce blog nous invite à partager ont hanté les échanges de hier soir :

    La Grèce est-elle vraiment une zone de cruauté où les retraites sont tronquées d’un tiers, les salaires divisés par deux, la couverture sociale démantelée, les impôts démultipliés, et les hyper-riches protégés, exonérés d’impôts par un réseau de niches fiscales accommodantes et optimisées…

    La Grèce est-elle le laboratoire d’un territoire sans État, administré techniquement à distance par une bureaucratie sans contours de commissaires interchangeables, fusionnée avec des lobbies de la finance ?

    Cela se passe-t-il vraiment dans l’Union Européenne, sous son couvert, sous sa direction ?

    Roland

     

    Ont participé avec moi :

    Louise Battisti, membre des Ceméa

    Salomé Reichlin, amie de Louise

    Irène Cogny, membre des Ceméa et attachée aux relations publiques du Théâtre du maillon

    Jean-Pierre Huré, membre des Ceméa

    Olivier przybylski-Richard, directeur des Ceméa

    Claude Ripanti-Leclère, membre des Ceméa

    Jeanne Duquesnoy, membre des Ceméa

    Marie-Françoise Grislin, enseignante, critique de théâtre et amie de Roland

    Benjamin Dubreuil, permanent du Pôle culture de l’association nationale des Ceméa

    Eleni Kladi, enseignante grecque détachée à l’école grecque de Strasbourg (et ma prof de Grec ces trois derniers mois – merci encore Eleni pour cette introduction dans ta langue !)

    Georges Triantafillidis, président de la communauté grecque d’Alsace et environs

     


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  • Commentaires

    1
    Roland
    Samedi 10 Janvier 2015 à 16:33
    lors des échanges était apparu l'intérêt de chiffre fiables concernant la dégradation des conditions de vie en Grèce depuis le début de la crise. J'ai trouvé ceci dans un site internet indiqué par Panagiotis Grigoriou: http://www.okeanews.fr/20140507-austerite-en-grece-tous-les-chiffres
    Roland à Halkoutsi


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